La rage
Qu’est-ce que la RAGE ?La rage est une maladie du système nerveux causée par un virus. Elle est transmise à l’homme par la salive d’animaux contaminés. La maladie provoque une encéphalite (inflammation du cerveau) qui est invariablement fatale.
Où se trouve-t-elle ?La rage est présente partout sauf en Antarctique, en Australie, dans la presque totalité de la Scandinavie et dans quelques îles : Iles britanniques, Islande, Nouvelle Guinée, Nouvelle Zélande, Japon, Taïwan, Singapore ainsi que certaines îles de la Méditéranée et des Caraïbes qui en sont exemptes. Là où elle est présente, la maladie est souvent sous-déclarée, c’est-à-dire que le nombre de cas déclarés aux autorités sanitaires est inférieur au nombre réel de cas. En Inde, la mortalité due à la rage est estimée à 50,000 cas/année. De nombreux autres pays présentent une mortalité très élevée : Pakistan, Népal, Bangladesh, Sri Lanka, Vietnam, Philippines, Chine, Mexique pour ne nommer que ceux-là. En Amérique du Nord la rage urbaine est, à toutes fins pratiques, inexistante. Ce sont surtout des espèces sylvatiques (qui vivent en forêt) qui sont porteuses de la rage. Les mouffettes, les ratons-laveurs et, surtout, les chauves-souris, sont responsables de la transmission de la maladie. Ailleurs dans le monde le plus grand réservoir et vecteur ( agent de transmission) de la rage demeure le chien, d'où l'importance de la maladie pour les voyageurs. D'autres animaux tels les loups, chacals, petits carnivores, certains rongeurs et peut-être quelques espèces de singes peuvent également transmettre le virus dans certaines parties du monde.
En quoi consiste cette maladie ?La rage résulte de l’inoculation du virus par la salive d’un animal atteint par la maladie soit par morsure ou simplement par contamination d’une plaie, d’une excoriation, d’une écorchure ou d’une abrasion léchée par l’animal ou, encore, par contact direct avec une muqueuse. Une étude française datant de 1994 révélait que 10% des voyageurs disaient s’être fait mordre ou lécher par un chien en cours de voyage d’une durée moyenne de 17 jours. Plus rarement, l’infection pourra survenir par inhalation du virus en aérosol particulièrement dans les grottes habitées par des chauves-souris. Après une morsure, le virus chemine jusqu’à une fibre nerveuse dans laquelle il progressera lentement jusqu’au cerveau où il se multipliera massivement pour ensuite se disséminer dans tout le système nerveux. Chez l’humain l’incubation est de 20 à 90 jours ( mais peut être beaucoup plus longue). Au tout début, il y a très peu de symptômes. Des démangeaisons et des fourmillements au niveau de la plaie et des changements d’humeur seront les signes avant-coureurs. Quand la maladie évolue, le malade ressent une gêne respiratoire. Sa respiration est spasmodique marquée par des pauses importantes. Puis apparaît le spasme hydrophonique caractéristique. Dès qu’il tente de boire, qu’il voit de l’eau ou en perçoit le bruit, le malade semble frappé d’horreur, s’agite, pousse des cris, convulse. Bientôt le moindre courant d’air, une odeur ou la lumière déclencheront des crises. Le malade meurt rapidement d’asphyxie pendant un spasme ou plonge dans un coma marqué d’anomalies respiratoires entraînant la mort.
Prévention :La mesure préventive la plus simple consiste à éviter le contact avec les animaux sauvages et surtout les animaux errants tels que chiens et chats dans les pays à forte endémicité (nombre de cas élevés). Autrement dit, résister à la tentation de caresser le pauvre petit pitou abandonné tout maigre et tout triste. Ou alors ce singe mignon qui vient se percher sur votre épaule. L'autre façon, qui n'exclut en aucune façon la première, c'est la vaccination. Cette vaccination est coûteuse mais il faut prendre en considération que la maladie est mortelle dans 100% des cas et que toute morsure de chien à l'étranger signifie un rapatriement immédiat.
Si toutefois vous êtes mordu :Il faut immédiatement laver la plaie avec du savon, du détergent et rincer abondamment sous l’eau courante au moins cinq minutes. La plaie doit être aussi nettoyée soit avec de la Proviodine, de la teinture d’Iode ou de l’alcool à 40-70%. Ceci est douloureux mais assez efficace pour réduire le risque de maladie de 90%. Malgré ces mesures, il est impératif qu’un traitement prophylactique (préventif) soit institué. Il consiste d’abord en l'injection d’immuno-globulines (anticorps) et, d’autre part, par l’initiation d’une vaccination anti-rabique complète (5 doses). À ce sujet, il faut se rappeler que les vaccins utilisés dans le tiers-monde (en raison de leur coût moins élevé) sont souvent moins efficaces et plus dangereux. Ainsi, à toutes fins pratiques, une morsure signifie un rapatriement automatique. Il est important de noter qu'il n'est jamais trop tard pour débuter un traitement post-exposition et que tant que la maladie n'est pas manifeste, il est possible de la prévenir. Ce n'est qu'une fois installée qu'il n'y a plus rien à faire.
La vaccination pré-exposition :Si vous acceptez le vaccin, cela n’exclut pas un traitement post- exposition (morsure ou contact à risque) donc, un rapatriement. Il consiste en deux autres doses du vaccin. Cependant, les anticorps ne sont pas nécessaires et surtout, l’urgence est nettement moins grande qu’en l’absence de vaccination pré-exposition.
Pour conclure :La vaccination est recommandée pour tout voyageur à destination de l’Afrique, de l’Inde, de l’Asie du sud-est et de l’Amérique latine qui prévoit des déplacements importants à pied ou à vélo autant à la ville qu’à la campagne et, à plus forte raison, si son itinéraire l’éloigne des grands centres.
Le vaccin
Effets secondaires possibles
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