Le SidaUn jour, j'ai rencontré une patiente qui avait eu des relations sexuelles non-protégées avec un médecin lors de vacances à Cuba. Presque en état de panique, elle me demande si elle risque d'avoir attrapé quelque chose. Retenant son souffle, elle reçoit mon "oui" avec scepticisme. "Un médecin doit pourtant savoir, doit subir des tests, doit éviter les risques puisqu'il sait", se dit-elle. Doit-on rappeler que non seulement l'habit ne fait pas le moine mais savoir ne rime pas toujours avec devoir. Bien sûr, son inquiétude est reliée au virus du Sida. Quand pourra-t-elle savoir si elle a été infectée? Elle devra être patiente. Les anticorps fabriqués par notre système de défense contre le virus peuvent prendre jusqu'à 6 mois avant d'être détectés dans le sang. Mais pour la grande majorité, un test négatif (donc pas de signe d'infection) après trois mois est fiable. J'offre donc à ma patiente de lui faire subir des tests de dépistage du VIH (virus d'immunodéficience humaine) 6 semaines, trois mois et six mois après l'exposition. Ce qui est gênant pour la dame, c'est de devoir expliquer à son mari pourquoi il devra porter un condom pendant tout ce temps. Remarquez que cette histoire (vraie) aurait pu se conjuguer au masculin.
VIH positif ou séropositifImaginons que le test de madame est positif (positif veut dire qu'elle a été infectée et non pas positif dans le sens de bonne nouvelle). Elle vivra les prochaines années probablement sans problème. En effet, au cours de cette période, son système immunitaire est capable de combattre le virus qui a élu domicile dans les lymphocytes, plus précisément les CD4; des cellules chargées de nous défendre contre des microbes très particuliers. Mais un jour, son système de défense n'en pourra plus. Les virus commenceront à se multiplier et détruiront les CD4. Quand commence le SIDA ou syndrome d'immun-odéficience acquise ? Quand les CD4 chutent sous certains seuils permettant l'envahissement de différents types de microbes. C'est pour cela qu'on parle " d'infections opportunistes ". Au début de l'épidémie dans les années '80, les sidéens mourraient de ces infections. Aujourd'hui, en suivant régulièrement le nombre de CD4 et la charge virale (nombre de virus) des personnes séropositives, on peut agir dès le moment où le virus devient plus actif. Trois antiviraux différents permettent de diminuer l'activité du virus et de garder un nombre suffisant de CD4 pour se protéger. Avant de laisser partir ma patiente, je lui explique que si elle a été infectée par le virus, il est possible qu'elle développe dans les prochaines semaines un " syndrome rétroviral " qui représente le moment où le virus s'active pour la première fois. Elle ressentirait alors des malaises semblables à ceux d'une grippe; douleurs musculaires, ganglions gonflés, légère fièvre, fatigue, symptômes qui peuvent durer de deux à trois semaines. Elle devra reconsulter pour établir s'il s'agit bien d'une infection au VIH et le cas échéant profiter de la tri-thérapie afin de réduire le nombre de virus en circulation. Ma patiente est-elle devenue séropositive ? Non, mais elle a contracté l'hépatite B. |
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Europe centrale et Asie centrale, en particulier la Fédération de Russie
Asie et Pacifique
Afrique
Moyen Orient et Afrique du Nord |
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La majorité ignore être porteuse du virus et nombreux sont ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit. | |
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